samedi 30 janvier 2010

Jacques Tati et la Société de consommation.

Jacques Tati (1907-1982) est un des plus grands cinéastes français d'après guerre. Comique inspiré par les artistes burlesques du cinéma muet, il a développé un cinéma drôle et tendre, quasi muet, dans lequel les gags, parfois très complexes, portent aussi une réflexion désabusée sur l'absurdité de la modernité et de la religion de la consommation des années 1950-60-70. Il incarne lui-même le personnage de Monsieur Hulot dans trois films -Mon oncle (1956), Playtime (1967) et Trafic (1971) , hurluberlu maladroit et plein de poésie, ami des enfants, des quartiers populaires, des vieilleries en tous genres, de la campagne...Un peu "vieille France" et "écolo" avant l'heure.
Dans Mon oncle, Monsieur Hulot devient l'intime de son neveu, rejeton de la famille Arpel, obsédée par les "nouveautés" qui viennent consteller une maison-gadget sans âme. Dans une cuisine à la pointe de la modernité de l'époque, il n'a pas l'air très à l'aise...
Monsieur Hulot est le héros perplexe du monde gris et froid de Playtime, chef d'oeuvre absolu dans lequel le décor, le design, les détails de fond de plan comptent plus que l'action en cours. Voyez notre héros qui tente d'entrer dans un immeuble avec l'ancêtre du digicode, puis attend dans une pièce vitrée. Le flot de voitures grises et omniprésentes, la laideur des barres en béton, l'interminable longueur des couloirs. Et le bruit incongru des fauteuil en skaï !
Dans Trafic, Monsieur Hulot livrera en retard un nouveau modèle de camping-car au salon de l'automobile d'Amsterdam, ralenti par les embouteillages et les accidents de la route qui émaillent son périple. C'est notre civilisation de la voiture qu'il critique.

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