dimanche 27 septembre 2009

2/ Aix-Noulette : le monument aux morts et le cimetière.

Réponse au questionnaire :

La statue représente un poilu en position de défense, bombant le torse. Elle s’oppose à de nombreux autres monuments aux morts dont les images sont empreintes de tristesse, voire d'un rejet net de la guerre (monument de Liévin). Sous les pieds du soldat, il est écrit : « On ne passe pas », message clairement adressé aux Allemands, réaffirmant l’intangibilité de la frontière alsacienne.

Sur le monument, plus de cent victimes sont inscrites. Elles représentent 21% de la population de la commune (1914). La moyenne du nombre de décès dûs à la guerre dans les communes de France est de 10%. La surmortalité d'Aix-Noulette s’explique surtout par le fort nombre de victimes civiles. Au début de la guerre, le village a subi de sévères bombardements (obus) en provenance de la ligne de front toute proche, à un moment où la population locale n’était pas encore complètement évacuée.

Au cimetière communal, nous avons trouvé trois tombes de soldats canadiens portant des patronymes japonais (emplacement : rangée L sépulture 19, rangée N sépulture 9, rangée 0 sépulture 8) : des immigrés venus s’installer aux Etats-Unis (pays neutre jusqu’en 1917), qui ont volontairement passé la frontière pour s’enrôler dans les forces canadiennes.

1/ Le cimetière de Sains-en-Gohelle.



Placée à quelques mètres de la ligne de tranchées, la cité du n°10 de Sains a été le théâtre de vifs combats. Ses écoles ont accueilli plus de 20 000 blessés.

Le cimetière communal témoigne de cette position particulière sur le front. 893 soldats français y reposent, aux côtés de plus de 400 tombes de soldats alliés (214 Canadiens, 203 soldats du Royaume-Uni et un Australien).

Dans le fond, un carré particulier regroupe 49 tombes de Chinois morts entre 1917 et 1919. Les conditions de vie de ces soldats indigènes britanniques ont été particulièrement difficiles : mauvais traitement des autorités militaires, travaux pénibles de manutention et de terrassement, méfiance des populations locales, isolement de la petite colonie dans le bois de Bouvigny. 33 d'entre eux sont morts en 1919.

mercredi 23 septembre 2009

L'URSS de Staline, données...

Vocabulaire :


Communiste : Membre d’un parti souhaitant la création d’une société fondée sur la mise en commun des moyens de production, d’une manière violente (Révolution).

Communisme de guerre : Mise en place brutale de la collectivisation des biens et des moyens de production en Russie par Lénine lors de la guerre civile (1918-1921).

Culte de la personnalité : Propagande personnelle d’un chef afin d’accroître l’affection du peuple à son égard.

Goulag : Ensemble des prisons et des camps de travail en URSS.

Guépéou : Premier nom de la police politique soviétique.

Kolkhoze : Ferme d’Etat en URSS avec mise en commune des terres et des moyens de production.

Koulak : Paysan riche et refusant le kolkhoze.

NEP : Nouvelle économie politique. Politique de Lénine réintroduisant un peu de propriété et d’initiative privées dans l’économie soviétique, afin de relancer l’URSS après quatre ans de guerre civile.

NKVD : Nom de la police politique soviétique remplaçant la Guépéou.

Plan quinquennal : Plan de cinq ans fixant des objectifs obligatoires à l’économie soviétique.

Propagande : Pression exercée par un état sur son peuple pour lui manipuler l’esprit et les idées.

Réalisme-socialiste : art codifié par l’état soviétique dont le but st de montrer les bons aspects du socialisme de façon compréhensible par tous.

Soviet : Conseil composé de soldats et d’ouvriers crée en 1917 au moment de la Révolution et favorable à un état communiste.

Stakhanovisme : Mouvement de propagande visant à prendre pour modèle, Stakhanov, ouvrier exemplaire, afin d’accélérer la production industrielle en URSS;

Totalitarisme : Dictature dont le but est de contrôler tous les niveaux de la société et de la vie des individus afin de parvenir au changement profond d ‘une population : l’Homme nouveau de Révolution en URSS, l’Aryen en Allemagne.

URSS : Union des républiques socialistes soviétiques, nom donnée à la Russie et aux Républiques associées (Ukraine, Républiques d’Asie centrales), en fait des colonies, après 1922.

Conseil !!! Ne confondez pas Koulak et Goulag !


La liste des dates repères de 3 e à savoir par cœur :

1917, Révolution russe. 1929, collectivisation des terres en URSS. 1934-1938, Grande terreur. 1936-1938, procès de Moscou.

Les personnages :
Lénine (1970-1924) : né Vladimir Illich Oulianov dans une famille bourgeoise. Il entreprend des études de droit et adhère au parti social-démocrate avant de devoir s’exiler pour ses opinions. Il revient en Russie après la Révolution de février 1917, expose ses idées dans les « Thèses d’Avril » et s’empare du pouvoir après la Révolution d’octobre 1917. Malgré la guerre civile (1918-1921) qui s’en suit, il impose avec brutalité le communisme (Communisme de Guerre) avant de laisser une certaine liberté aux acteurs économiques russes (NEP). Victime d’une tentative d’assassinat, il meurt en 1914.


Staline (1979-1953) : né Iossif Vissarionovitch Djougachlivi, en Géorgie dans une famille pauvre. Il devient révolutionnaire après avoir voulu être prêtre. Il se bat dans la clandestinité et l’illégalité (période durant laquelle il prend son pseudonyme de Staline, homme d’acier). Commissaire aux nationalités après la Révolution d’octobre 1917 puis secrétaire général du Parti communiste d’URSS, il élimine ses adversaires après la mort de Lénine.




Conseil !!! Ne confondez pas Lénine et Staline !

Trotski Léon (1879-1940) : Révolutionnaire bolchevique, il joue un rôle très actif dans la préparation et l’exécution de la Révoltions d’octobre 1917 en Russie. Fondateur de l’Armée rouge durant la guerre civile (1918-1921) et partisan d’une révolution mondiale, il s’oppose à Staline après la mort de Lénine. Ecarté du parti puis de l’URSS, il est contraint à l’exil en 1929. Staline le fait assassiner à Mexico en 1940.
Des oeuvres pour continuer :
Cinéma : il faut voir certains films de Eisenstein pour comprendre comment un grand artiste peut composer avec les canons du réalisme-socialiste, comment une oeuvre de propagande peut aussi être une oeuvre d'art (Le cuirassié Potemkine, Octobre, Alexandre Nevsky), comment on peut critiquer Staline malgré les interdits (Ivan le terrible).
Plus contemporain, Soleil trompeur de Nikita Mikhalkov (1993) qui décrit les derniers heures de bonheur d'un général de l'Armée rouge, avant que la police secrète ne l'arrête et le "purge".
Livres : le réalisme-socialiste n'a pas tué la grande littérature russe. Des écrivains majeurs mais difficiles, à lire plus tard (Pasternak, Babel, Soljenetsine, Grossman). Le dernier et formidable roman de Robert Littell, L'hirondelle avant l'orange, est accessible aux plus curieux (commentaire sur k-classroom).

samedi 19 septembre 2009

Staline, jeunesse et prise de pouvoir.

Des révélations sur la jeune et l’ascension de Joseph Staline dans cette vidéo du site France 24. Le reportage est situé en début de séquence. Attention, chargement assez long.

En haut à gauche, un cliché pris en 1926 avec de gauche à droite Antipov, Staline, Kirov, Chvernik et Akoulev. En bas, les versions successives du même cliché retouché (dates non précisées). Sur la dernière version il ne reste plus que Staline. Comment le dictateur se débarrasse des adversaires du parti par le biais de la manipulation des images officielles.

lundi 14 septembre 2009

Voyage : sur les traces des morts de la Grande guerre.

Voyage le mardi 22 septembre de 9 h 30 à 18 h 15. Prévoir de bonnes chaussures de marche, un casse-croûte, un vêtement de pluie, un pull, un stylo et son air attentif et intelligent. Programme détaillé demain.

dimanche 13 septembre 2009

Histoire des arts : pour aller plus loin avec Otto Dix...

Je vous conseille de visiter :
-un site magnifique sur le rapport des peintres à la guerre 14-18 (cherchez les œuvres d’Otto Dix dans le sommaire).
-une page du site de l’Historial de Péronne, qui expose quelques eaux fortes du peintre allemand.
-une page d’un site d’anciens combattants montrant certains dessins de guerre
-une galerie virtuelle retraçant l’ensemble de son œuvre.

Histoire des arts : Otto Dix et l'après-guerre des combattants survivants.

Après la guerre, Dix a réalisé deux tableaux montrant les conséquences physiques de la Grande guerre sur les anciens combattants. « Gueules cassées » des Joueurs de cartes (1920), estropiés de Rue de Prague (1920) dont les caractéristiques physiques sont exprimées jusqu’au grotesque. Au début des années 1920, les états n’ont pas peur de montrer la dévastation physique laissée par la guerre, à la fois par fierté et par devoir de mémoire. La laideur, jusque là cachée par la censure, a été récupérée par les discours officiels et les associations d’anciens combattants. Au Congrès de Versailles, Clemenceau fait aligner quelques "gueules cassées" devant les délégués allemands pour montrer les conséquences humaines de la guerre et susciter en eux un sentiment de culpabilité. Les soldats n'hésitent pas à afficher leurs difformités en public. Le plus souventn, les peuples acceuillent cet étalage morbide avec respect.
Le propos de Dix se situe à rebours de cette récupération dramatique et patriotique des traces de la souffrance militaire. Dix choisit de montrer les soldats comme des pantins ridicules.

Dans Les joueurs de cartes, le décalage entre la banalité de la situation (le jeu) et l’aspect monstrueux des joueurs est frappant (un joueur tient la carte avec son pied). Le fait qu’un autre porte fièrement la croix de fer à sa veste est sans doute une critique du peintre à l’égard du nationalisme excessif exprimés par certains anciens combattants allemands.

Rue de Prague est plus complexe, avec ses victimes directes (les mutilés, les prothèses dans la vitrine) et indirectes (la petite fille seule est-elle une orpheline ? La grosse dame en rose dont on devine le jupon est-elle une prostituée ?). Les invalides sont amoindris (mis au même niveau que le chien, plus bas que la dame en robe rose). Cette toile n'est pas non plus exempte d'allusions politiques. Près du cul-de-jatte au buste monté sur une planche à roulettes, Dix a collé un tract ou une affichette, qui porte en titre Juden raus ! - Dehors les Juifs. Les ligues d'anciens combattants sont très sensibles à la propagande ultranationaliste, dont l'antisémitisme une importante composante. Aussi peut-on voir dans l'œuvre, tout à la fois, une analyse de la société allemande de la défaite et une préfiguration de ce qu'elle devient dans l'entre-deux-guerres.

Dans les années 1930, le propos lucide et pessimiste de Dix qui a profondement choqué les nazis. Ces derniers ont rapidement condamné voire détruit une partie de son œuvre (La tranchée).